Épisode 4 : L'approche psychoéducative auprès des personnes autistes

Episode 4 • October 26, 2026 • 00:49:22
Épisode 4 : L'approche psychoéducative auprès des personnes autistes
Co-construire la psychoéducation
Épisode 4 : L'approche psychoéducative auprès des personnes autistes

Oct 26 2026 | 00:49:22

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Show Notes

Aujourd’hui, on reçoit Mélissa Hogan, psychoéducatrice et candidate au doctorat à l’Université de Sherbrooke. Elle agit aussi comme auxiliaire de recherche et chargée de cours à l’Université de Sherbrooke, où elle participe activement à la formation de la relève en psychoéducation. 

Depuis 20 ans, Mélissa œuvre en clinique et a développé une expertise reconnue auprès des enfants et des jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme, particulièrement en milieu scolaire. Elle se distingue par son désir constant de questionner les méthodes d’intervention et de trouver les meilleures façons d’accompagner chaque personne, en respectant sa singularité et son contexte. Ses travaux de recherche s’inscrivent dans une perspective d’éducation inclusive et portent sur le développement, la mise en œuvre et le transfert de pratiques universelles et probantes favorisant l’adaptation scolaire et sociale des élèves ayant un TSA intégrés en classe ordinaire au primaire. Elle contribue également à la prévention des comportements problématiques et au support des différentes équipes éducatives. Mélissa est affiliée au GRISE (Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant) et à l’Unité mixte de recherche Synergia. Son engagement lui a valu, en 2024, le Prix de reconnaissance pour l’engagement étudiant dans la vie scientifique du GRISE.

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Episode Transcript

[00:00:03] Speaker A: Salut, c'est Florence et Marjolaine. Bienvenue à Co-construire la psychoéducation, le balado qui vise à démystifier la psychoéducation et à mieux comprendre cette profession. À chaque épisode, des psychoéducateurs et psychoéducatrices viennent partager leurs expériences, leurs réalités et leurs réflexions autour de différentes clientèles et thématiques. Ensemble, on explore, on clarifie et on fait rayonner la psychoéducation. [00:00:27] Speaker B: Aujourd'hui, on reçoit Mélissa Hogan, psychoéducatrice et candidate au doctorat. Mélissa se spécialise auprès des jeunes avec un trouble du spectre de l'autisme. Ses travaux de recherche et son approche d'intervention met de l'avant l'importance de la singularité et des besoins de chaque personne accompagnée, qu'elle partagera au cours de l'épisode. Bonne écoute! Bonjour, Mélissa. [00:01:00] Speaker C: Bonjour. [00:01:01] Speaker B: On est vraiment, vraiment contentes de t'avoir aujourd'hui avec nous. On t'a découvert pendant notre parcours universitaire et ça a été vraiment un coup de cœur pour nous deux, autant au niveau professionnel que côté humain. c'est pas discutable pour nous de t'avoir, de trouver un petit trou dans notre podcast. Puis quand on a écrit les épisodes, puis on est venus au niveau du TSA, ça allait de soi que c'est toi qui allais venir faire cet épisode-là avec nous. Tous nos podcasts, on les commence avec une question vraiment générale, qui peut être prise sous différents angles. On piste pas sur ce qu'on veut qu'on me réponde. C'est une question ouverte. Oui, parce qu'on veut vraiment des réponses différentes pour chacun des épisodes. Donc, on te lance ça. [00:01:52] Speaker C: Roulement de tambour. [00:01:53] Speaker B: Roulement de tambour. Pourquoi la psychoéducation? [00:01:58] Speaker C: C'est vraiment une belle question. J'ai combien de temps pour répondre? En fait, parce que je pense que la psychoéducation, d'abord et avant tout, ça vient rejoindre le bien-être de la personne. Dans le mot psychoéducation, il y a tout le côté cognitif, psychologique, puis l'éducation, donc la capacité, dans le fond, d'accompagner, d'éduquer. J'ai appris, je pense, avec mes études et mon expérience dans ma carrière, qu'on a aidé énormément les personnes à développer des capacités adaptatives. En fait, c'est ce qu'on sait faire de mieux pour un psychoéducateur. Et puis, à travers le bac, j'ai appris justement ces savoirs-là. Et avec l'expérience que j'ai eue auprès des personnes autistes, j'ai voulu plonger et creuser davantage, puis aller voir comment je peux les soutenir davantage. J'étais très attirée par le côté humain, très humaniste. Ce qui m'a attirée le plus, en fait, dans la base de la psychoéducation, en fait, c'est ce qu'on appelle les schèmes relationnels. Un schème relationnel, c'est ce qui nous détient, ce qu'on a dans nos compétences, ce qui nous permet de s'unir, en fait, avec la personne. C'est la confiance, l'empathie, la sensibilité, la disponibilité. Donc, oui, c'est pour ça que j'ai choisi la psychoéducation. [00:03:21] Speaker B: J'adore, c'est très complet quand même. En plus. En plus. [00:03:27] Speaker A: Super, on va rentrer dans le vif du sujet. Notre première question, ce serait, c'est quoi pour toi, selon toi, la place de la psychoéducation dans l'accompagnement des personnes TSA aujourd'hui? [00:03:40] Speaker C: Oui, donc, je me permets tout de suite de dire, vous allez voir parce que ça vient toucher un peu mon côté psychoéducateur. Mais vous allez voir, à travers le balado, j'ai un grand respect pour la communauté autistique. Donc, j'utilise beaucoup les termes comme la personne autiste ou la personne ayant un trouble d'aspect de l'autisme ou la personne à l'aise. En fait, la personne qui n'est pas autiste, c'est vraiment pour demeurer en cohérence avec les préférences de la communauté autistique, mais aussi par le les différents écrits, puis j'apporte ça parce que c'est comme une nuance, dans le fond, par respect, donc ce côté-là. Je pense que le psychoéducateur, d'abord et avant tout, peut contribuer énormément au bien-être de la personne autiste parce qu'il l'accompagne à travers sa trajectoire développementale dans toutes ses capacités adaptatives. On sait que la personne autiste, C'est une personne en fait qui a une condition neurodéveloppementale, donc une façon de penser autrement, lorsqu'on pense autrement, qui peut nous amener énormément. Il y a beaucoup de personnes autistes qui ont grandement contribué de par leur raisonnement propre. On peut penser que quand on a des défis à penser différemment, on a besoin d'aide dans notre écosystème. pour s'adapter à ces défis-là. Puis on sait que la personne autiste a des difficultés tant à la fois sur la communication sociale que sur certains comportements, certaines pensées, certains intérêts. Donc, je pense que le psychoéducateur est là pour venir nous accompagner, cette personne-là, à travers qui il est, l'aider dans ses forces, dans ses intérêts, l'aider à... cheminer dans sa participation et dans sa détermination de qui il est. Je ne pense pas que le psychoéducateur cherche à normaliser, mais on cherche plutôt à comprendre les besoins de la personne et à créer vraiment de belles conditions favorables. Ce que j'adore de l'approche psychoéducative, c'est qu'on a vraiment plusieurs fenêtres. d'ouverture, plusieurs possibilités, autant qu'on peut travailler au niveau de l'évaluation à la petite enfance, en collaboration avec une équipe multi, on peut participer à l'évaluation diagnostique, autant qu' on peut contribuer sur le plan comportemental, qu'on peut travailler avec les familles, les personnes aidantes, le milieu scolaire, personnes vieillissantes. La psychoéducation, vraiment, elle a une très, très grande contribution de par ses fondements, de par ses savoirs, pour accompagner la personne qui a des défis. C'est rare qu'on appelle un psychoéducateur quand ça va bien. Pourtant, on devrait, parce qu'on est super bon pour pousser dans les habiletés. Mais je pense qu'on est vraiment des êtres qui ont vraiment un beau fondement, puis une belle expertise de l'être humain, puis de comprendre, dans le fond, les changements dans l'environnement, puis comment les aider à les accompagner là-dedans. [00:06:35] Speaker B: C'est vraiment intéressant parce que la façon que t'as répondu à la première question sur les schèmes relationnels, tu viens de 100% le démontrer à notre époque par rapport à la place en psychotication, parce que tu parles de tous les systèmes autour de la personne, puis comment la psychoticateur peut venir travailler dans tous ces systèmes-là, puis contribuer à différents niveaux, puis avec toutes les personnes autour. [00:06:59] Speaker C: Oui, puis je pense qu'on est centrale dans le lien proximal. On vient travailler dans ce qui nourrit le plus, donc la personne à l'état pur, mais après ça, dans tout son petit environnement, sa famille, la fratrie, qui elle est dans son identité avec cette famille-là, puis après ça, avec la communauté, avec le milieu scolaire, la société, après, son emploi, la vie adulte. Donc, on a plusieurs couches, en fait, de systèmes dans lesquels on peut être impliqué, puis ça, c'est super riche, en fait, d'avoir une profession qui nous permet d'aller là. [00:07:35] Speaker B: Pour toi, c'est essentiel de se dire qu'il faut travailler de façon systémique autour. [00:07:41] Speaker C: Oui, en fait, puis je le fais d'emblée. Quand je travaillais dans le passé, je travaillais dans une clinique privée. J'ai toujours collaboré avec les familles, puis même maintenant, j'ai un grand souci, je suis en milieu scolaire. comme psychoéducatrice, puis à chaque fois, je suis toujours en collaboration avec la direction, mais j'ai toujours cette sensibilité-là auprès du parent, avoir sa vision, de voir comment ça se passe quand je suis avec les plus vieux, les plus grands, même les adultes que j'accompagne des fois dans leur vie amoureuse ou peu importe. Je leur dis tout le temps, il va falloir qu'on en parle à tes parents. Ils disent, mais pourquoi? J'essaie de leur montrer l'importance d'avoir ces échanges-là, l'importance de bien être accompagnés pour qu'ils puissent bien les encadrer. Pour moi, c'est essentiel. [00:08:27] Speaker B: Tu l'as répondu partiellement, mais pour toi, ce serait quoi les particularités importantes à considérer dans l'intervention auprès des personnes avec ce diagnostic? [00:08:37] Speaker C: D'abord et avant tout, il faut prendre en considération... Je fais très attention, je sais qu'on est beaucoup dans une approche catégorielle, c'est-à-dire du trouble du spectre de l'autisme. Je pars vraiment de, à chaque fois, de partir des besoins de la personne, puis donc de me centrer d'abord et avant tout sur c'est quoi les forces de cette personne-là, c'est quoi ses intérêts, puis après ça, de prendre en considération, dans le fond, les deux grands domaines de caractéristiques qui qui habite le troupeau du speck de l'autisme, qu'est-ce que je dois savoir chez cette personne-là? C'est quoi ses forces aussi? Est-ce qu'elle a des forces dans ses habiletés sociales? Parce qu'il y en a certains qui ont des déficits, mais d'autres vont avoir, c'est la beauté du speck. Donc, d'essayer de voir les grandes manifestations caractéristiques pour être capable de... d'avoir une idée en tête un peu des grands défis de la personne, et puis de bien comprendre ses particularités cognitives. Il y a beaucoup de théories explicatives pour venir expliquer l'autisme au niveau des particularités cognitives, puis pour moi c'est très important de savoir est-ce que la personne Elle a des difficultés au niveau de son empathie? À quel degré? Est-ce qu'elle est capable de faire des nuances? Elle comprend-tu l'humour, par exemple? Donc, plus j'ai des informations sur certaines particularités, certaines façons de comprendre, en fait, plus je suis capable de m'ajuster au niveau de mon intervention. et plus je vais être capable d'aller pousser ou proposer certains outils peut-être un petit peu plus spécifiques. Comme par exemple, on peut penser au profil féminin qui est un sujet très in ces temps-ci, autant en littérature que dans les médias. Mais les filles, il s'est démontré qu'elles ont des belles forces au niveau des habiletés sociales. c'est très exigeant, ça demande beaucoup, c'est très épuisant. Donc savoir jusqu'à quel degré, dans le fond, la personne est capable de faire ce qu'on appelle du camouflage, donc de camoufler ses symptômes, va faire en sorte pour moi que rapidement, par exemple dans un contexte scolaire ou à la maison, je vais voir est-ce qu'on a besoin de suggérer un outil justement aux dépôts sensoriels pour apaiser Donc, plus je connais certains éléments propres aux caractéristiques autistiques, plus ça va influencer mon intervention parce que j'ai le capacité de l'adapter et l'ajuster encore plus précisément aux besoins de la personne. [00:11:06] Speaker A: Justement, en t'écoutant parler de ce qui guide ton travail, je me demande, c'est quoi les principes ou même les valeurs qui vont te guider dans tes interventions ou dans ton travail? [00:11:20] Speaker C: Oui, la valeur première pour moi, c'est que je crois énormément à l'inclusion et à l'autodétermination. D'ailleurs, je suis en centre de service où je soutiens les enseignants qui chapeautent, qui accueillent les élèves autistes en classe ordinaire. C'est le cœur, le prisme de ma thèse. Donc, j'y crois, cette neurodivergence-là. Je vois vraiment cette importance-là d'accorder et de voir qu'en fait, quand on dit que l'autisme est une condition neurodéveloppementale, c'est en fait une façon de penser, au niveau neurologique, qui est différente, qui nous amène à avoir des pensées, des manières d'agir différentes, où on est centré sur certains détails plus que d'autres lorsqu'on est autiste. On a un intérêt pour certaines choses plus spécifiques, plus que d'autres. c'est juste de prendre ça en considération puis de voir le degré de difficulté ou de défi que la personne a. Donc, une de mes premières valeurs, c'est cette inclusion-là qui vient aussi avec l'humanisme et l'écoute active. Je suis quelqu'un de très, très sensible aussi. Donc, j'essaie de voir, dans le fond, le degré des difficultés. Est-ce que la personne avait vécu, par exemple, de l'intimidation? C'est quoi les grands enjeux? Face à ça, je vais pouvoir m'appuyer sur différents auteurs, différents modèles pour venir me soutenir dans cette intervention-là. Je pourrais dire que ma valeur première, c'est la neurodivergence et l'inclusion des personnes autistes. fortement, puis je le vois, en fait, je le vois que la personne autiste, il y a des grandes... en fait, des grandes têtes au Québec, dans les établissements qui... que je peux pas nommer pendant le balado, mais qui sont des personnes autistes, puis par chance, en fait, qu'ils nous ont amené cette vision-là. Je peux même pousser jusqu'au iPhone, maintenant, notre société, c'est extraordinaire ce que ces jobs ont fait. Donc, c'est d'arriver à dire, OK, bien, comment la... Cette façon-là de penser peut nous guider et de voir, dans le fond, qu'autant qu'on dit qu'ils sont rigides, en fait, je trouve qu'ils sont très flexibles parce qu'ils viennent très précis dans certains états qu'ils nous apportent aussi. [00:13:33] Speaker B: Je t'écoute parler, l'évaluation psycho-éducative doit être vraiment, vraiment importante et doit être assez laborieuse pour que si tu nommes beaucoup d'offres, je veux aller jusqu'au fond pour bien comprendre. Ça doit représenter une grande partie, l'évaluation. [00:13:49] Speaker C: En fait, l'évaluation, oui. Là, je me permets de dire que comme psycho-éducateur, ça a une place centrale, en fait, dans notre pratique professionnelle. Mais l'évaluation, à la base, elle est nourrie par cette belle collecte de données-là, qui est l'observation participante auprès des personnes, en fait. Donc, on commence avec cette observation-là, puis après ça, on la nourrit par des entrevues, par des échanges, autant avec le personnel enseignant, ou peu importe avec qui on travaille, pour justement, dans le milieu, pour aller bien construire, dans le fond, nos impressions cliniques. Mais on se base aussi sur des... C'est ce qui est magnifique avec la psychoéducation, c'est qu'on a accès à des outils d'évaluation qui nous permettent de nous guider, donc des outils standardisés. On a travaillé fort pour avoir certains droits, de pouvoir les passer. Ça fait que ça, c'est riche aussi parce qu'il y a des outils qui ont été validés, qui nous mènent. vers justement tous les angles de la prévention ou même de la réadaptation. Ça fait que c'est super important. Puis l'évaluation psychoéducative nous enligne dans le fond sur le potentiel de la personne, donc son degré de difficulté, ses capacités, puis de voir comment on va ajuster notre intervention. Donc c'est quelque chose que oui, puis ça va au-delà de Je me permets, parce qu'on se connaît de par là, une université dans laquelle vous avez dû faire un rapport sur l'éducatif. Mais ça fait partie de qui on est dans nos actes professionnels, mais ça fait partie de qui je suis. en moi, en fait. J'ai intégré cette évaluation-là à essayer de vraiment aller chercher tout le côté de l'observation, l'analyse, la fonction comportementale, par la suite de comprendre, dans le fond, le développement de la personne, de mettre en lien, pour après ça être capable de donner des recommandations à la lumière de son potentiel, de son environnement, mais de ses capacités aussi à elle. [00:15:48] Speaker A: Justement, pendant qu'on est dans la section évaluation, observation, c'est quoi les besoins, motifs, défis que tu reçois le plus souvent des familles ou des personnes quand elles te consultent? [00:16:02] Speaker C: Donc, un des plus grands défis, en fait, c'est que les besoins sont souvent très différents d'une personne à l'autre, de par le fait que le spectre est extrêmement hétérogène. Donc, un des plus grands défis, c'est le fait que les services demeurent parfois limités ou peu individualisés. Lorsque je travaillais en clinique privée, en fait, j'étais souvent confrontée à ces défis-là, donc l'accès aux services. Je voulais vraiment soutenir les familles. Souvent j'arrivais, puis de par le fait que je travaillais dans une clinique qui était quand même très, très bien réputée de par des personnes de renom qui ont énormément contribué dans le domaine de l'autisme, ça faisait en sorte que souvent j'avais des dossiers vraiment très, très, très complexes. C'est pas juste j'aimerais qu'on travaille les habiletés sociales auprès des tiennes. Alors souvent, j'essayais de voir comment je peux les soutenir. J'essayais de fouiller pour l'accès aux services, les différentes ressources. La Fédération québécoise, elle a dit que c'est extraordinaire. Elle a mis en place énormément de types de services. Donc, il y a ça. Je pense qu'il y a aussi le côté de l'épuisement. C'est très complexe. être parent, soutenir un enfant en difficulté, c'est soutenir un enfant en difficulté, difficulté parce que de par ses difficultés sociales et ses comportements, difficulté à entrer dans une inclusion, dans un contexte scolaire, avec d'autres enfants qui ont également d'autres difficultés, ou de vouloir trouver sa place au travail, ou de vouloir faire le passage primaire au secondaire. Juste très récemment, il y a une professeure à l'Université de Sherbrooke qui s'est intéressée aux personnes vieillissantes en autisme. Et c'est vraiment très intéressant de voir qu'il y a très peu à ce niveau-là. Donc là, on essaie de trouver des ressources pour soutenir les familles qui veulent justement permettre à leurs grands-enfants rendus adultes d'avoir des ressources de l'hébergement. Donc, ça aussi. Donc, l'épuisement. Je pense une méconnaissance de l'autisme aussi. Oui, on l'associe encore à des films comme Rain Man des années 80, alors que c'est pas ça du tout. En fait, il y avait quelques traits, je peux me permettre, mais oui, donc ça, c'est vraiment difficile. Donc, on vient catégoriser vraiment. Ça fait en sorte que même dans certains centres de services, à ce moment-là, c'est plus difficile d'inclure. On va dire, il va être mieux en classe spécialisée plutôt qu'en classe ordinaire. Donc, il y a tous ces défis-là. Mais je pense que le plus grand, c'est le manque de ressources et le manque de services. On est très démunis. Comme tout le monde, il y a énormément de coupures qui font en sorte que ce n'est pas évident, autant dans les différents types d'établissements. [00:19:01] Speaker A: Pour donner une idée au public, justement, c'est, par exemple, moi, j'ai un enfant autiste, puis j'aimerais peut-être demander un service. T'as-tu des exemples de situations où vraiment le psychoéducateur, la psychoéducatrice, c'est comme un professionnel en or dans ces situations-là, par exemple? [00:19:24] Speaker C: Oui, bien, en fait, ce qu'on peut faire, c'est que le psychoéducateur, dans le fond, souvent, il va chercher à mettre un sens à ce qui se passe. Souvent, la famille va venir consulter, la famille ou le milieu scolaire même pourrait venir consulter en disant, mon enfant présente ça comme situation ou X situation et j'ai besoin d'aide. Donc, le psychoéducateur, c'est là qu'il va prendre l'évaluation psychoéducative, mais aussi de par ses connaissances sur le développement, la trajectoire développementale, être capable de faire des liens rapidement. Donc donner des recommandations de dire, ça serait plutôt du côté sensoriel. Avez-vous pensé aller voir un ergothérapeute qui est habileté de par ses savoirs et ses fondements? bien outillés, bien guidés. Si c'est des difficultés langageables, on va aller référer vers un orthophoniste ou en ergothérapie du côté sensoriel. On travaille souvent les psychoéducateurs en équipe multidisciplinaire. En tout cas, de ce que je connais beaucoup. Donc ça, ça nous permet de réseauter et justement d'échanger, d'être capable de soutenir et d'essayer de trouver des types de services ou de soutien qui vont répondre aux besoins plus précis à la famille. Puis il existe aussi, la famille quand elle vient nous voir souvent, J'ai toujours un répertoire de listes de différents types de services que je peux les enligner, dans lesquels j'ai confiance qu'ils vont être capables de guider et de savoir comment répondre à des questions générales, par exemple. Il y a tout le côté aussi à la collaboration avec le médecin. Le pédiatre qui peut être hyper riche, le psychoéducateur aussi, c'est une autre belle force, une autre belle avenue, c'est cette collaboration-là avec le côté des experts, des équipes multidisciplinaires qui peuvent faire en sorte qu'on peut soutenir la famille à ce niveau-là. [00:21:21] Speaker B: Est-ce que tu as un exemple précis de quand il faut que tu fasses absolument appel à un autre professionnel, que tu dis que le psychodicateur n'est pas suffisant? [00:21:30] Speaker C: Souvent, par exemple, lorsqu'ils sont petits, donc à l'âge de... lorsque les premières manifestations apparaissent, on pourrait voir, ça m'est arrivé dans ma pratique, d'avoir des enfants à 24, 24 mois, 30 mois, la famille, l'enfant est non verbal. Donc là, à ce moment-là, la famille va rapidement demander, questionner sur le développement. Il faut faire très attention de ne pas émettre de diagnostic et plutôt d'aller faire une évaluation sur le retard global de développement. Puis une fois qu'on a fait l'évaluation, d'être capable de dire, il a des difficultés claires sur le plan langagier de par le fait qu'on s'est appuyé sur tel outil ou telle batterie. Maintenant, on pourrait recommander à un professionnel expert au niveau du langage. pour s'assurer d'eux, parce que souvent, c'est très facile de poser l'étiquette autistique, alors que sous-jacent à ça, des fois, il y a certains symptômes qui se chevauchent, dans l'anxiété, dans les difficultés langagères, même le diagnostic de TDAH, il y a des chevauchements. En fait, il y a certaines interventions qui vont être complémentaires, mais d'autres distinctes. Donc, je pense que c'est super important d'arriver à avoir un portrait neutre, puis une belle évaluation, puis de bien accompagner la famille, parce que ça se peut que l'enfant ait vraiment des grandes difficultés au niveau langagier, mais ça ne veut pas dire qu'il y a des problématiques des comportements restreints qui vont faire en sorte qu'il va avoir un diagnostic d'autisme, par exemple. Donc, il y aurait cet élément-là. D'autres fois, certains parents vont consulter sur le plan sensoriel, mais l'enfant pourrait avoir des difficultés sur le plan de la modulation sensorielle ou va avoir des difficultés à se réguler ou va justement avoir recours à certains comportements qui pourraient nous faire penser à des comportements qui apparaissent d'ordre autistique, alors que vraiment, c'est pour compenser pour d'autres défis. Donc c'est là, je pense qu'à ce moment-là, plus c'est tôt, plus le parent, s'il va voir le psychoéducateur, bien là, le psychoéducateur va être capable de bien faire l'évaluation puis de bien le guider vers les bonnes personnes de référence également. [00:23:38] Speaker A: Tu dirais-tu que c'est un peu un intervenant presque pivot, dans le sens qu'on est polyvalent, on est capable de rediriger vers les services aux besoins. [00:23:50] Speaker C: Oui, ça ramène un peu à ce que je nommais au début de notre échange. Je trouve que le psychoéducateur peut être impliqué autant dans l'évaluation, Il peut venir être impliqué, par exemple, au niveau de l'intervention comportementale intensive. Il peut être impliqué dans les CIUSSS, par exemple, dans le soutien au niveau de l''alimentation, au niveau des difficultés de sommeil, de l'entraînement à la propreté. Mais après ça, il peut être impliqué au niveau scolaire, au niveau secondaire. Donc, il est vraiment extrêmement polyvalent. Et peut-être qu'un des défis actuels dans l'intervention, c'est justement que le psychoéducateur qui oeuvre auprès des personnes autistes, oui, soit capable aussi d'avoir une bonne connaissance de l'autisme et d'être capable de bien départager et de bien connaître le développement de l'enfant pour être capable de bien y référer. [00:24:45] Speaker B: Puis le nom, psychotication, comme tu le disais au début, ça prend tout son sens. On est polyvalents, mais le nom de la profession, on l'aime bien. On saute un petit peu plus dans ta pratique professionnelle, puis dans ton expérience avec la clientèle, le terrain. Qu'est-ce que la clientèle t'a appris sur toi comme professionnelle ou comme personne? [00:25:11] Speaker C: C'est tellement beau comme question. [00:25:13] Speaker A: On savait que tu l'aimerais. [00:25:16] Speaker C: J'ai tellement de gratitude envers les personnes autistes. Vous n'avez aucune idée comment je peux aller travailler à tous les jours. Je peux être pris dans le trafic pendant 45 minutes. avoir eu un mauvais matin. Puis là, je rentre dans un contexte de classe. Puis là, je vois un enfant autiste. Puis là, j'deviens hyper émerveillée. Donc, ils m'apportent énormément de gratitude. Ils m'ont appris à être patiente, en fait. De pas prendre pour acquis la connaissance. De voir que, en fait, les connaissances, ça s'apprend à un rythme différent. puis que ça peut prendre du temps. C'est ça qui nourrit en fait la trame de mon doctorat. Ça me donne cette patience-là, ce courage-là, puis de dire que c'est vraiment des petites réussites à la fois. Puis quand elles ne comprennent pas, en fait c'est à moi de m'ajuster. C'est moi le professionnel qui est capable de m'adapter. Pour l'aider, c'est mon devoir en fait de trouver un outil une façon qui va faire en sorte que je vais pouvoir l'aider à s'adapter parce qu'il vit une difficulté. Donc, il y a ce côté-là. Puis cette belle sensibilité-là, c'est des êtres aussi qui sont très drôles, qui sont comiques, qui sont très... sont très littérales, ça fait qu'ils m'amènent à une façon de penser, de dire, bien oui, il fallait que j'y pense, j'y ai pas pensé. Donc, de m'adapter puis de m'ajuster. Et ils sont très minutieux du détail, ce qui est fort intéressant, parce qu'ils permettent, dans le fond, de... Tu sais, nous, qui est très rapide dans la société, puis tout ça, d'arriver à, tout d'un coup, me permettre de me centrer sur un détail, puis ça m'amène quasiment à lâcher prise. Puis je me dis, coudonc, c'est peut-être ça, le lâcher prise, c'est d'être capable centré sur ce moment-là, de voir sur une feuille une petite bulle d'eau que la personne autiste va être hyper stimulée, mais moi, ça va me permettre de me détendre. Donc, oui, elle m'apporte énormément. C'est des personnes qui m'amènent à... à réfléchir sur le fait qu'on peut penser différemment, qu'il n'y a pas juste une façon de faire, une façon de voir les choses. Je trouve ça génial. C'est là que je me dis peut-être qu'avec cette personne-là, j'ai laissé, mais en revanche, c'est un défi parce que dans le domaine de l'autisme, on essaie souvent de plaquer certaines recettes, mais on ne peut pas. de par l'aspect unique de chacune des caractéristiques, puis de faire en sorte que ça me donne un défi. Puis ça aussi, je pense qu'il m'apporte beaucoup de challenges. Quand j'ai un petit coco qui a vraiment des grands problèmes du comportement, je vais dire oui. Fait que là, j'essaie de faire aller... De te réinventer. Oui, c'est ça. De réinventer dans ma créativité aussi, dans ma suggestion d'outils. [00:28:09] Speaker B: Je trouve ça vraiment intéressant parce que J'avais cette idée préconçue, puis je l'entends beaucoup aussi dans où est-ce que je travaille. Il y a une formule, puis on va juste la réutiliser, peu importe le petit coco devant nous, mais effectivement, c'est des personnes tellement uniques, c'est un spectre. Chaque personne a ses propres petites particularités, puis de s'attarder à ça, puis de ne pas juste vouloir la même séquence imagée pour chacun des enfants? [00:28:37] Speaker C: En fait, il y a certaines séquences de base dans certains outils qu'on pourrait reprendre qui vont faire sens, mais de manière générale, justement, c'est que le spectre fait en sorte que c'est comme si chaque personne... Moi, je le vois comme notre ADN. C'est nos traits, nos caractéristiques propres. Donc, une certaine personne va avoir un profil sensoriel très atteint, mais au niveau langagier, va avoir des difficultés, mais émotionnel, va avoir de l'empathie. En revanche, on va en avoir une autre, une personne qui va être non verbale, mais qui va tout comprendre quand on va utiliser les séquences visuelles. Puis on se dit, mais voyons, on en a qui font de l'humour. Fait que c'est là que c'est incroyable. Donc, ça fait en sorte que je pense que c'est là que c'est plus difficile, parce qu'on doit ajuster constamment. Puis l'être aime utiliser les recettes, parce que quand on a trouvé notre recette, c'est donc le fun. On peut la répliquer. C'est rassurant. D'ailleurs, la personne autiste, c'est pour ça qu'elle aime les choses qui sont répétitives, c'est rassurant. Donc, nous aussi, on a tendance à vouloir faire ça, mais on oublie de voir si la personne autiste a vraiment besoin ou si ça va vraiment répondre à son besoin. [00:29:48] Speaker A: Ça me fait penser, je vais faire du pouce là-dessus, tu parlais d'inclusion au début quand on t'a demandé à propos de tes valeurs. puis je me demande quelles interventions, qu'est-ce qu'on peut tirer justement de la communauté autistique, puis de l'utiliser avec tous les enfants, dans le fond. Tu sais, des fois, tu parles justement des pictogrammes, des outils visuels, etc., puis travaillant avec des enfants à l'ISSS, je me dis, ça peut être utile pour eux aussi. Fait que justement, dans l'inclusion, est-ce que tu as des idées, des choses que tu te dis, Je pense que tous les enfants pourraient en bénéficier et ça aiderait tout le monde à se sentir inclus. [00:30:27] Speaker C: Oui, à plein de niveaux. Mais je me permets de dire d'abord que dans le cadre de mes études doctorales, j'ai eu ce grand plaisir-là de plonger dans la littérature pour comprendre c'est quoi les pratiques gagnantes qui répondent aux enfants autistes en milieu scolaire. Donc, ça m'a permis d'aller faire un peu un répertoire, puis d'extraire, dans le fond, certaines pratiques. [00:30:51] Speaker A: De la recherche scientifique. [00:30:52] Speaker C: Mais il existe des pratiques, qu'on dit des pratiques qui sont universelles. Puis j'adore ce terme-là, parce que des pratiques universelles, c'est bon pour tous, mais c'est sûr que ça va aider certaines personnes. Donc, je pense vraiment à nos cocos ayant un trouble d'aspect de l'autisme, dont les supports visuels. De par le fait que la personne autiste a des difficultés à un certain degré de son spectre sur le perceptif, le visuel, c'est quelque chose qui vient beaucoup. Donc, il faut essayer de moins parler et utiliser beaucoup de supports visuels. C'est quelque chose que j'encourage fortement autant les parents de dire, quand tu essaies d'expliquer quelque chose où tu vois que l'émotion, il y a une tension émotive, on arrête de parler, on diminue le verbal. Et puis, on utilise le support visuel. Et c'est comme si les mots, les dessins, ce que j'appelle la main levée, même si on n'est pas bon en dessin, ça fait sens pour eux. Et c'est beaucoup plus facile, en fait, d'avoir accès à eux à ce niveau-là. J'aime beaucoup aussi les scénarios sociaux. Puis ça, ça m'a pris du temps au début de... Je suis rendue que j'en fais vraiment beaucoup de scénarios sociaux, mais en fait, un scénario social, c'est en fait un petit texte qui vient expliciter un contexte social, mais ça fait tout son sens quand on y pense, parce que la personne autiste, elle a de la difficulté dans ce qu'on appelle la cohérence centrale, donc la capacité à généraliser. à faire un tout puis à comprendre certains contextes plus généraux, alors que le scénario social vient permettre ça. Donc ça, j'apprécie beaucoup ces petits outils-là. C'est des outils que vous pouvez trouver, puis je me permettrai à la fin de vous donner quelques références, mais je me permets quand même de souligner le travail extraordinaire de la Fédération québécoise de l'OTIS. Dans les différentes régions, vous pouvez aller sur le site, puis il existe une banque d'outils hyper riche. qui vont montrer ça. Donc, oui, les sports visuels, les scénarios sociaux. Je mise beaucoup aussi sur l'inventaire des renforcateurs. Donc, qu'est-ce que la personne aime, ses intérêts? Il y a une personne autiste de renom Temple Grandin qui dit beaucoup de se centrer sur les intérêts pour entrer en communication avec la personne autiste, et c'est vraiment une des meilleures recommandations que j'ai lues et qu'on m'a données, c'est vraiment ça. Donc, constamment, à chaque fois que je rencontre une personne autiste, je passe à travers ses intérêts pour apprendre à la connaître. Je sais qu'en passant par l'intérêt restreint, la personne, elle aime en parler. Elle va vouloir juste parler de ça, mais c'est OK, parce que ça va la rassurer. Puis en même temps, moi, ça va me donner de l'information sur comment la renforcer en fait sur les comportements prosociaux qu'elle va émettre, par exemple. Ça serait, je pense, famille, école, support visuel, scénarios sociaux, beaucoup de prévisibilité, beaucoup de routine qui peut énormément aider. Puis l'ajustement sensoriel de prendre connaissance du profil de chaque personne autiste sur le plan sensoriel. Y a-t-il des choses qui les dérangent plus au niveau olfactique, au niveau visuel, au niveau du goût? très important. Je pense que j'ai dû faire beaucoup d'ajustements. En milieu scolaire, c'est quand même assez particulier, une école avec les néons, le bruit, les odeurs, les transitions. Donc, ça m'a amenée à rapidement mettre en place énormément de recommandations et ça m'a été dit par plusieurs témoignages à personnes autistes qui l'apprécient beaucoup quand on leur demande qu'est-ce qui qu'est-ce qui augmente, qu'est- ce qui leur donne de l'énergie et qu'est- ce qui les draine, qu'est ce qui les enlève de l'énergie, qui fait que c'est difficile pour eux. [00:34:31] Speaker B: Je suis chaude sur ça parce que ça me... ça l'amène super bien à ma prochaine question. Qu'est-ce que les personnes de TSA te disent de leurs besoins qui sont parfois mal compris par les intervenants? Parce que tu parles de... ils soulignent qu'ils apprécient qu'on prend le temps, mais est-ce qu'il y a des choses qui reviennent beaucoup de... Ah bien, on n'a jamais pris le temps de... [00:34:53] Speaker C: C'est exactement ça. C'est qu'on ne prend pas le temps de les questionner. On ne prend pas le temps de les écouter, en fait. De leur simplement leur demander. Souvent, à mes lieux scolaires, je vais rencontrer un élève et je vais lui demander... On va regarder, dans le fond, tes traits. On va regarder qui tu es et on va regarder qui je suis pour qu'on voit des liens qu'on a ensemble. Puis après, je lui demande quelles sont tes forces, puis de dire qu'est-ce que toi tu aimes et qu'est- ce que tu n'aimes pas. Et ils sont très bien capables de le nommer, soit par le dessin, soit par... Donc ça, je pense que c'est quelque chose qui est super riche, de prendre le temps de les questionner, puis de leur donner une voix pour voir comment ils peuvent s'adapter à ça, puis comment on peut s'ajuster en fonction de leurs besoins. [00:35:44] Speaker A: Ça, c'est une grande question. [00:35:48] Speaker C: Qui s'en vient, OK. [00:35:50] Speaker A: Mais dans le fond, qu'aimerais-tu que le grand public comprenne mieux au sujet de l'autisme? Peut-être des mythes que t'aimerais qu'on déconstruise. [00:36:03] Speaker C: Oh là là! [00:36:04] Speaker A: Peut-être quelque chose que... Ça peut être juste une chose, que si, à la fin de l'épisode, le grand public comprend ça mieux, on a réussi quelque chose. [00:36:16] Speaker C: Il y aurait peut-être deux mythes, je réfléchis, mais le premier, ce serait que toutes les personnes se ressemblent. Donc, il faut vraiment faire le lien avec le spectre qui est extrêmement avant. [00:36:24] Speaker A: Dans le fond, c'est qu'avoir le même diagnostic, on a la même étiquette, donc nécessairement on est semblable. [00:36:30] Speaker C: C'est ça mon mythe. Donc, chaque personne a son profil, chaque personne a ses personnalités, ses traits de personnalité et son tempérament. Ce n'est pas parce que nous sommes autistes qu'on n'a pas de tempérament. Donc ça, il faut prendre ça en considération, c'est super important. à ce niveau-là, les forces, les intérêts, donc que le diagnostic d'autisme ne fait pas en sorte qu'on est tous pareils. Je pense qu'il y en a un qui me tient beaucoup à cœur, c'est le fait que les personnes autistes, de par le fait qu'elles ont des difficultés au niveau de ce qu'on appelle la théorie de l'esprit qui est de l'empathie, la difficulté de déficit au niveau de l'empathie, qu'elles n'en ont pas, ce n'est pas vrai. et que les personnes ne veulent pas de relations sociales, ne veulent pas être. C'est pas vrai. C'est que souvent, ils ont un grand désir relationnel, mais c'est la façon d'entrer en relation qui est différente ou qui est difficile, c'est complexe pour eux, mais c'est pas vrai qu'ils ne veulent pas des amis, c'est pas vrai qu'ils ne veulent pas être inclus, c'est pas vrai qu'ils ne veulent pas un amoureux ou une amoureuse, au contraire. Donc de prendre ça en considération et de se dire, OK, quand on a une personne, par exemple, à l'école qui est à la récréation, qui est seule à la récréation, de se poser la question, est-ce que... Il est seul parce qu'il en a besoin. Puis de lui demander, est-ce que ça te fait du bien d'être seul à la récréation? Est-ce que c'est trop pour toi? Mais en même temps, de lui demander, est-ce que tu aimerais avoir un ami? Savoir comment je peux t'aider à avoir un ami, parce qu'il y a une grande distinction. Il y a certaines personnes autistes qui vont dire, moi, j'adore ça, des moments où je suis seule, où je coupe les contacts, je me ressens, j'observe, j'essaie de comprendre, d'imiter. Mais il y en a d'autres qui veulent, mais ils savent pas comment entrer en relation. Souvent, on me dit que la personne autiste ne voudra pas d'amis. Elle préfère être tout le temps seule, se couper. Elle ne va pas se mettre en équipe à l'école, alors je la laisse faire. Donc, de poser la question à l'inverse et de se demander peut-être qu'il faut l'aider à se faire un ami. [00:38:36] Speaker B: Je ne veux pas mettre tout le chapeau à la psychoducation. Est-ce que tu sens, par contre, que la psychoducation, tranquillement à ouvrir les yeux et ouvrir les opportunités aux intervenants par rapport à cette vision-là de l'autisme. [00:38:56] Speaker C: Oui, je pense que... D'abord, je salue le fait que Lord ait fait une revue l'année passée sur le trame de l'autisme. Ça, c'était super. Je pense qu'on évolue tellement vers des approches qui sont davantage centrées sur la compréhension du fonctionnement, sur l'adaptabilité, plutôt que sur la conformité, où on cherche à mieux comprendre la neurodiversité. On a des grands chercheurs au Québec qui, justement, font des recherches sur les préférences langagières, justement, des approches plus respectueuses. De plus en plus, il y a des études, des entrevues, il y a des podcasts et même sur Netflix, il y a des supers séries qui donnent l'importance aux voix des personnes autistes. Je pense qu'en psychoéducation, de plus en plus, c'est très porteur vers le changement, vers l'inclusion, vers une meilleure compréhension du trouble du spectre de l'autisme pour mieux les accompagner dans le quotidien. [00:39:59] Speaker A: Justement, je prendrais ça au bon, les séries Netflix, on parle ici de Atifik, Love on the Spectrum, etc. Comment tu vois ça? Est-ce que tu vois ça comme une belle opportunité? Tu vois ça comme quelque chose, justement, pas qui normalise, mais qui peut montrer c'est quoi la réalité de ces personnes-là aux personnalistes qui vont regarder ça? Où est-ce que... C'est peut-être un petit peu controversé. [00:40:29] Speaker C: Comment toi tu vois ça? Ça l'est un peu, mais enfin moi je me suis dit pourquoi pas. Si ça leur permet de leur donner une voix, ça leur permet que la communauté autistique puisse aller sur Netflix et dire qu'il y a des gens qui ont un trouble du spectre de l'autisme et qui ont un amoureux et une amoureuse et qui ont fait une série là-dessus, moi ça me donne espoir d'avoir... un amoureux, une amoureuse. Alors, je l'ai écouté, puis là, ça leur donne un sentiment. Elles sont très satisfaites, elles sont très contentes de ça. Il y a d'autres initiatives, peut-être, qui ont été soulignées récemment. Il y a eu Barbie aussi, qui ont fait une poupée autiste. Donc là, ça, je me suis questionnée beaucoup à ce niveau-là, en termes d'étiquettage, mais j'ai vu que la communauté autistique vraiment bien répondu, puis qu'ils ont souligné, ils ont voulu... En fait, c'est qu'ils prennent ça tellement à coeur, qu'ils ont tellement travaillé fort pour avoir une belle identité, puis de faire partie de la société puis de la communauté, que là, on voit de plus en plus. Donc, on met l'enfance là-dessus. Puis je me dis, bien, si c'est pour aider, si ça aide la communauté autistique, puis c'est positif, c'est dans la bienveillance, dans le respect, pourquoi pas? [00:41:43] Speaker A: Moi aussi, je m'étais questionnée en voyant la dite poupée. Mais on dirait que... Je voyais ça un peu comme on montre une partie du grand spectre, justement, comme tu disais, de toute la couleur des personnes autistes. Ça représente probablement pas toutes les personnes autistes, évidemment. Mais c'est au moins, selon moi, un petit pas vers la représentativité de cette communauté-là, comme dans les séries Netflix, par exemple, Justement, moi, je l'ai écoutée. Je l'ai pas écoutée. Je l'ai écoutée, puis honnêtement, c'est aussi de nous habituer à voir des comportements qu'on n'est pas nécessairement habitués de voir. Puis, même comme intervenante, je voyais ma réaction à certains comportements ou à certaines personnes dans le spectacle, dans l'émission, comme dans d'autres... des émissions de dating. Puis je trouvais ça le fun qu'au moins on l'a, puis ça enlève que... Après ça, quand je vois des comportements comme ça dans le quotidien, pas dans une émission, je suis consciente de ce qui se passe. Je l'ai écouté avec mon copain qui n'est pas du tout intervenant. Puis ça a ouvert une discussion à certaines choses que d'autres personnes, pas juste mon copain, peuvent trouver bizarres. Je peux questionner on peut avoir des discussions super ouvertes qu'on n'aurait pas pu avoir si on n'avait pas filmé ces moments-là. Un peu vulnérables pour eux, un peu comme tout le monde dans un «daily show », de apprendre à parler à une personne, etc. Je trouvais que dans un sens, ça justement donnait l'espace, oui à eux, mais aussi aux personnes à l'aise de réaliser qu'il n'y a pas les mêmes comportements que moi, comment je me sens et dans le confort de chez moi, pas face à la personne, essayer de Comment dire? C'est avoir mes réflexions avec moi-même, avoir des discussions avec les personnes autour de moi, réfléchir là-dessus pour qu'après, quand je sois réellement face à une personne autiste, que ma réaction soit plus adaptée, que ma réaction soit plus... Exactement. C'est exactement le mot que j'essayais d'exprimer en moyen âge. C'est exactement ce que j'essayais de dire. Ça, c'est un point positif que je pense qu'il y avait de lui amener plus dans les médias. [00:44:08] Speaker C: Je l'ai utilisé beaucoup, cette plateforme-là, juste seulement pour sensibiliser moi-même, mon fils qui est en début d'adolescence, pour lui montrer au niveau de la communauté autistique. Ça a été super intéressant, les échanges qu'on a eus. Après ça, il a été capable de refléter certaines personnes autistes. À l'école, j'étais très contente parce qu'il m'a même dit qu'il y avait un élève dans sa classe qui a fait certaines mimiques. Il est allé lui dire qu'il a dit, si jamais tu as besoin d'être en travail d'équipe avec moi, ça ne me dérange pas, même si tu fais ces mimiques-là, je comprends. J'ai trouvé ça tellement une belle sensibilité, mais en même temps, je me suis dit, écoute, c'est parce qu'on l'a regardé ensemble. On a ouvert la conversation, on a échangé. Puis il a même dit, mon Dieu, ça a l'air facile d'avoir une blonde. Donc, en même temps, j'ai trouvé ça génial de voir... Donc, oui, je trouve ça super, tu sais, qu'on leur donne cette voix-là, mais toujours dans le respect. [00:45:09] Speaker A: Oui, puis que c'est pas non plus des histoires fictives comme on a, comme, par exemple, Atipic, c'en est une, une histoire fictive, mais une téléréalité avec des personnes autistes où, justement, moi, juste comme elle est présente, j'adore ça. Je pense que tout le monde devrait commence à se présenter comme ça. Je trouve que c'est le fun parce qu'on voit toutes les couleurs de toutes les personnes qui participent. Bon, là, il y a cette émission-là aux États-Unis, mais aussi en Australie maintenant. Je les écoute toutes. Je suis fan de toutes ces personnalités. Mais c'est ça, on voit vraiment la différence chez les filles, chez les garçons aussi, il y a une grande différence. Eux-mêmes en parlent. Dans l'émission, c'est vraiment... Moi, en tout cas, je recommande. Je peux vous le dire sans moi, je recommande, moi, j'ai beaucoup aimé. [00:45:59] Speaker C: C'est super bien fait. [00:46:01] Speaker B: On arrive déjà à la fin du podcast. Il nous resterait deux petites dernières questions pour ouvrir un petit peu pour tes perspectives et l'espoir pour les futurs intervenants. Pour toi, c'est quoi les pistes d'évolution ou d'amélioration pour la psychoéducation auprès des personnes TSA? [00:46:25] Speaker C: Je pense que c'est une question de compréhension, d'adaptation, de relation humaine. Je pense que c''est de regarder comme psychoéducateur que derrière le diagnostic, parce que c'est différent, ça dépend de notre posture. Si on est psychoéducateur, on est dans un processus. on fait beaucoup d'évaluations diagnostiques. Là, on a besoin d'être très précis dans les manifestations et dans les caractéristiques. On a besoin d'être expert, justement, au niveau de la dose et la dire pour être capable de faire une bonne évaluation. Mais quand on est dans l'accompagnement de l'intervention, dans les stratégies d'intervention psychoéducative, C'est surtout de permettre aux psychoéducateurs de s'entrer sur, de vraiment prendre le temps de bien comprendre les besoins de la personne autiste et de ne pas avoir peur, comme psychoéducateur, d'aller partager, en fait, d'aller chercher de l'aide. Parce que des fois, c'est des dossiers qui peuvent être complexes de par les manifestations, les fonctions comportementales, les particularités des fois. Il va y avoir des particularités, par exemple, sur le plan de la sexualité. Des fois, donc, de s'allier avec d'autres professionnels pour s'entraider. Je pense que dans les pistes d'espoir, c'est vraiment de miser vraiment sur une meilleure compréhension de la neurodiversité, de sensibiliser beaucoup, de lire beaucoup au sujet de l'autisme, de lire, en fait, la part qualitatif, donc où on accorde des voix. Je pense que ça, ça va aider beaucoup de continuer, dans le fond, toujours être à la recherche, à la soif de nouveaux outils, dans le fond, qui permettent de répondre, de faire attention, si avec l'intelligence artificielle, de plus en plus, c'est en ce qui suggère peut-être, tu sais, des fois, on a tendance à y aller, c'est très in, mais en même temps, de vraiment faire les bonnes recherches sur les bons outils, puis comment cet outil-là, elle a été validée, puis comment on peut l'implanter pour bien soutenir le besoin de la personne ou de la famille, en fait, puis de collaborer. Je travaille énormément avec des ergothérapeutes, des orthophonistes, des nutritionnistes, un médecin. Donc, pour moi, je me fais ma banque de professionnels, ressources d'échanger, de ne pas être prise seule comme psychoéducateur avec un dossier, mais plutôt de partager. Donc, ça permet d'avoir des pistes d'espoir, d'avoir un regard qui est critique, qui est nuancé aussi, puis d'accompagner les familles là-dedans. Ça répond? [00:48:53] Speaker B: Ça répond. [00:48:53] Speaker A: C'est parfait. Ça répond à tout. Merci tellement, Mélissa. [00:48:56] Speaker C: Ça m'a fait plaisir. On aurait pu continuer. [00:49:00] Speaker B: On aurait pu continuer si longtemps. [00:49:02] Speaker A: Ben voilà, c'est tout.

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